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Goldeneye (L'œil de feu au Québec) est un film d'action et d'espionnage américano-britannique réalisé par le cinéaste néo-zélandais Martin Campbell et sorti au cinéma en fin d'année 1995. Il s'agit du dix-septième long-métrage de la célèbre saga cinématographique de James Bond produite par les Américains Michael G. Wilson et Barbara Broccoli par l'intermédiaire de leur société EON Productions. C'est le premier des quatre films de la franchise à mettre en vedette l'acteur irlando-américain Pierce Brosnan dans le smoking de James Bond. Le casting inclut également d'autres personnalités tels que Sean Bean, Izabella Scorupco ou encore Famke Janssen tout en mettant en scène pour la quinzième fois Desmond Llewelyn dans le rôle du célèbre Q, le fabriquant d'armes et de gadgets du MI6. De nouveaux acteurs sont cependant engagés pour les rôles de M et de Miss Moneypenny. Il s'agit de Judi Dench et de Samantha Bond. Le film est par ailleurs dédicacé à Derek Meddings, le superviseur des effets spéciaux (qui avait déjà travaillé sur plusieurs autres films de la franchise), qui est décédé de cause naturelles quelques mois après la fin du tournage[2]

Goldeneye est l'un des films les plus populaires de la série, probablement en raison de sa chanson-titre, "Goldeneye", interprétée par la célèbre chanteuse américaine Tina Turner. Un autre facteur ayant contribué à la renommée du film est ses multiples adaptations en jeux-vidéos. La première d'entre elles, Goldeneye 007, sorti en 1997, a été l'un des jeux les plus vendus et acclamés. Le film a aussi fait l'objet d'une adaptation en roman. Celle-ci, écrite par l'écrivain britannique John Gardner, a été publiée également en 1995.

Synopsis Modifier

Quelques années après la chute de l'URSS et la fin de la Guerre Froide, James Bond s'intéresse à Xenia Onatopp, une ancienne pilote de chasse géorgienne devenu un assassin professionnel, qui massacre le personnel d'une station radar supposée désaffectée, à Severnaya, en Sibérie soviétique. La station en question contrôlait diverses armes spatiales dont un satellite russe, le Goldeneye, qui est capable de faire d'importants dégâts sur la planète, et Onatopp le pirate et l'utilise pour détruire le centre de contrôle afin de pouvoir dérober un deuxième satellite dont la cible serait Londres. Bond est alors amené à empêcher la destruction imminente de la capitale britannique de se produire et s'embarque donc pour une nouvelle aventure épique où action, amour, bagarres, coup de théâtre et poursuite avec un char d'assaut dans les rues de Saint-Pétersbourg seront au rendez-vous. Il bénéficiera cette fois de l'aide d'une jeune programmeuse russe nommée Natalya Simonova et d'un agent américain, Jack Wade.

Distribution Modifier

Production Modifier

Pré-production de Bond 17 Modifier

En 1989, le dernier James Bond, Permis de tuer, connaît un succès défaillant à sa sortie au cinéma. Suite à cela, la saga cinématographique risquait de prendre fin après ce film. C'est du moins ce que pensait l'acteur Timothy Dalton (dernier interprète de Bond à cette époque).

En 1990, soit environ un an après la sortie de Permis de tuer, le producteur Albert R. Broccoli annonce qu'il a remit EON Productions, la société de production des Bond à sa fille Barbara Broccoli ainsi qu'à son beau-fils Michael G. Wilson, déjà producteur des films précédents. Par ailleurs, l'acteur américain Mel Gibson a été pressentit pour incarner 007 dans le prochain film, bien que Dalton avait un contrat pour trois films et il n'en avait tourné que deux. Finalement, Danjaq, une société de production qui détenait les droits littéraires sur les romans de James Bond écrits par Ian Fleming et qui était également en vente, n'a pas été vendu.

Bientôt, la pré-production du dix-septième film commence officiellement et Dalton est prêt à reprendre son rôle pour une troisième fois. La sortie du film était prévue pour la fin d'année 1991. Il est annoncé que John Glen (réalisateur des cinq derniers films) et Richard Maibaum (scénariste d'un grand nombre de Bond) ne reviendraient pas pour ce nouveau film sachant qu'ils n'avaient aucun contrat pour continuer après Permis de tuer. Maibaum est remplacé par un certain Alfonso Ruggiero Jr. qui imagine assez rapidement un premier scénario qu'il envoie à Michael G. Wilson. Malheureusement, ce scénario-là était jugé trop similaire à celui de Permis de tuer. Cependant, Wilson aimait le style du nouveau scénariste et les deux hommes collaborent sur l'écriture d'une première ébauche du film. Publiée en mai 1990, elle a 17 pages. L'histoire se déroulait apparemment à Hong Kong et le tournage devait débuter au début 1991. Ce script comprenait des robots et Walt Disney Imagineering aurait été embauché par la production pour "designé" ces robots. Dans ce script, un homme prévoyait des attentats, Bond enquêtait sur une voleuse et devait faire équipe avec les services secrets chinois afin d'empêcher une Troisième Guerre Mondiale... L'équipe du film auditionnait déjà des réalisateurs pour ce dix-septième film de l'espion anglais. Le réalisateur Roger Spottiswoode avait été rapproché. Malheureusement, la mort de Richard Maibaum le 4 janvier 1991 a retardé la production. De plus, il y avait des actions en justice contre le studios Metro Goldwyn Mayer. Elles opposaient Albert R. Broccoli à l'Italien Giancarlo Parretti, le nouveau propriétaire du studios. Le contrat de Dalton avait expiré. Quand Broccoli demande à l'acteur son attention après la résolution du problème, il répond qu'il ne pense finalement pas reprendre son rôle. Toutes ces péripéties ont finalement menées à l'abandon définitive du projet.

Genèse de "Goldeneye" Modifier

Une première version d'un nouveau scénario est terminée en janvier 1994. L'antagoniste principal se nommait Augustus Trevelyan et la James Bond Girl avait pour nom Marina Varoskaya. Pour le réalisateur, les producteurs ont choisit un certain Martin Campbell. Campbell était néo-zélandais ce qui fait de lui le premier réalisateur de la franchise à ne pas être britannique.

Casting Modifier

Pour le rôle de Bond, les acteurs Liam Neeson, Mel Gibson ou encore Lambert Wilson ont étés envisagés. Wilson avait déjà été approché pour incarner 007 dans Tuer n'est pas jouer (1987). C'est finalement l'acteur irlando-américain Pierce Brosnan qui est choisit.

Chanson du générique Modifier

En 1994, le groupe de musique pop suédois Ace of Base (assez connu à l'époque) enregistre une démo pour la chanson censée être entendue durant le générique d'ouverture du film. Celle-ci, intitulée The Goldeneye, a été malencontreusement rejetée par le label américain du groupe, Artista Records, qui pensait que Ace of Base était "trop gros" pour James Bond, compte tenu qu'il y avait à ce moment-là cinq ans d'écart entre Permis de tuer et ce nouveau film et que son succès était loin d'être assuré[4].

Quelques temps plus tard, les artistes Bono et The Edge du célèbre groupe irlandais U2 écrivent la chanson du film pour la chanteuse américaine Tina Turner, qui est leur voisine et amie[4]. Bono s'était apparemment inspiré de son séjour avec son épouse dans Goldeneye, la résidence jamaïcaine dans laquelle l'écrivain britannique Ian Fleming rédigeait ses romans de James Bond. Turner interprète finalement le titre qui est un très grand succès.

Tournage Modifier

Le tournage du long-métrage débute le 16 janvier 1995 par les scènes avec Robbie Coltrane (Valentin Zukovsky)[2]. Ensuite, les plans de la montée de l'antenne parabolique cubaine d'où laquelle le Goldeneye est contrôlé sont tournés au Porto Rico, aux Etats-Unis, par une équipe réduite.

En février, la poursuite automobile entre Bond et Xenia Onatopp (Famke Janssen) est tournée par une seconde équipe dans le sud de la France tandis que la première équipe tourne la scène du casino à Monte-Carlo, à Monaco, ainsi que celle de la démonstration de l'hélicoptère blindé Tigre.

En mars, le saut à l'élastique que Bond effectue au début de la séquence de pré-générique est tourné au barrage de Contra, dans le Canton du Tessin, en Suisse.

En avril, toute l'équipe se rend à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour y tourner la fameuse scène de course-poursuite rurale dans le char d'assaut. Il a fallu d'ailleurs environ quatre semaines pour la tourner entièrement[2].

Le tournage prend officiellement fin le 6 juin 1995 et aura donc duré près de cinq mois.

Sortie au cinéma Modifier

Goldeneye sort sur le grand écran en fin d'année 1995 et connaît un très large succès.

Produits dérivés Modifier

L'un des facteurs ayant contribué au succès du film Goldeneye sont ses produits dérivés, notamment ses multiples adaptations en jeux-vidéos. Le film a tout d'abord été adapté en roman durant son année de sortie par l'écrivain britannique John Gardner, qui avait déjà écrit celle de Permis de tuer, six ans plus tôt. L'ouvrage est assez fidèle au film mais comporte des scènes inédites, dérivées pour certaines de scènes coupées. Notamment, il est expliqué que la mission de Bond et d'Alec Trevelyan consiste à détruire l'usine d'armement chimique à l'oblast d'Arkhangelsk dans le but de stopper (ou au moins de ralentir) les Russes dans leur élaboration d'une arme biologique extrêmement meurtrière. Le roman rajoute également une scène où Jack Wade aide Bond et Natalya Simonova à quitter la Russie après l'explosion du train blindé, alors qu'ils sont recherchés par l'armée russe[5].

Deux ans plus tard, l'entreprise multinationale japonaise Nintendo, qui a auparavant obtenu les droits d'EON Productions pour réaliser un jeu-vidéo basé sur le prochain film de James Bond, publie Goldeneye 007, l'adaptation du film en jeu-vidéo développée par la société britannique Rare. Le jeu est salué par la critique, notamment parce qu'il est le premier jeu de tir à la première personne à intégrer des éléments d'infiltration et à atteindre un réalisme relativement poussé avec des ennemis dotés d'une véritable intelligence artificielle, sans doute une prouesse pour l'époque. Il propose également des scènes inédites, des niveaux bonus mettant en scène des personnages emblématiques de la franchise dont Requin, le redoutable homme de main aux dents d'acier apparu dans L'espion qui m'aimait (1977) et Moonraker (1979), ou encore un mode multijoueur jouable jusqu'à quatre personnes en écran divisé.

En 2004, la société Electronic Arts publie un nouveau jeu-vidéo, Goldeneye : Au service du mal. Malgré son titre et le fait qu'il fait partit de l'univers de James Bond, celui-ci n'a aucun rapport avec le film ou avec Goldeneye 007, mise à part l'apparition de Xenia Onatopp. Le jeu est alors hué par la critique qui l'accuse notamment d'avoir essayé de profiter du succès de Goldeneye 007 en reprenant une partie de son titre. Contrairement à la très grande majorité des œuvres de la série, Goldeneye : Au service du mal n'offre qu'un petit rôle à James Bond car le joueur incarne cette fois un ancien agent du MI6 considéré comme un traître qui a perdu son œil lors d'un conflit avec le Dr. Julius No, l'un des ennemis les plus célèbres de la saga. Il est alors employé par le richissime Auric Goldfinger pour éliminer son ennemi tout en protégeant l'OMEN, une arme dévastatrice que ses scientifiques ont conçus. Le jeu présente donc l'originalité de se dérouler du côté des antagonistes et d'incarner un personnage inédit et absent de la série de films.

En 2010, l'entreprise américaine Activision publie Goldeneye 007 : Reloaded, le remake de Goldeneye 007. Le joueur incarne à nouveau James Bond, qui est cette fois sous les traits de l'acteur britannique Daniel Craig, le successeur de Pierce Brosnan dans la peau du célèbre agent secret. Ce nouveau jeu met lui aussi en scène les personnages principaux apparus dans son précedesseur comme Alec Trevelyan, Natalya Simonova, Xenia Onatopp, Arkady Ourumov ou encore Valentin Zukovsky mais a complètement modifié leurs apparences physiques. Ils sont même tous interprétés par des acteurs différents.

Notes Modifier

  • Bien que la majorité des personnages principaux du film sont de nationalité russe, aucun de leurs interprètes ne l'est véritablement (Izabella Scorupco (Natalya Simonova) est polono-suédoise, Gottfried John (Arkady Ourumov) est allemand, Alan Cumming (Boris Grishenko) et Robbie Coltrane (Valentin Zukovsky) sont britanniques (même écossais) et Tchéky Karyo (Dimitri Mishkin) est français).
  • Dans Goldeneye, James Bond assassine environ 47 personnes. Il s'agit du film dans lequel l'espion tue le plus de personnes.
  • Apparemment, ce film est le premier à être sorti en DVD[2].
  • En 2002, Ace of Base a retravaillé la démo de chanson qu'ils avaient enregistrés pour le film et l'incluent dans leur album Da Capo sous le titre The Juvenile[4].
  • C'est le seul film de 007 de l'air de Pierce Brosnan où Bond n'est pas dans les bras de la James Bond Girl principale dans le plan final. Néanmoins, Bond monte avec Natalya Simonova dans les hélicoptères des Marines qui leur permettent de quitter Cuba, là où se déroulait l'acte final.

Images Modifier

Vidéos Modifier

Références Modifier

  1. 1,0 et 1,1 http://www.commander007.net/2015/01/goldeneye-le-script-dorigine/
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 https://translate.google.ch/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.imdb.com/title/tt0113189/trivia&prev=search
  3. Beaucoup de gens ont tendance à orthographier le nom "Farrell" mais sa carte d'identité aperçue dans le film ainsi que le générique de fin prouvent que la véritable orthographe est "Farrel".
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 http://www.commander007.net/2016/01/try-another-day-musiques-recalees-demos-non-utilisees-3/
  5. Gardner, John (1995). Goldeneye. ISBN 1409135772.